ueki-sensei

UEKI Sensei

Il fut l'un des plus redoutables combattants de la "Japan Karate Association", la fameuse JKA, fondée sous l'auspice de Gichin Funakoshi en 1949. Il est devenu le "Chef Instructeur" de l'institution nippone, garante "des plus hautes traditions du Karaté".

MASAAKI UEKI

FASCINE PAR LA VITESSE DU KARATE
Il fut l’un des plus redoutables combattants de la « Japan Karate Association », la fameuse JKA, fondée sous l’auspice de Gichin Funakoshi en 1949. Il est devenu le « Chef Instructeur » de l’institution nippone, garante « des plus hautes traditions du Karaté ». En avril dernier, Masaaki Ueki a en effet été nommé à la tête du temple du Karaté Shotokan. Un honneur. Une immense responsabilité. Il nous explique pourquoi…

Le grand Masatoshi Nakayama, réformateur et premier « Chef Instructeur » de la JKA en 1958, a écrit à son propos : « Les techniques de jambes et de poings de Masaaki Ueki sont très rapides et très précises. Il n’est pas étonnant qu’un grand nombre de ses adversaires aient connu la défaite!« . Six fois champion du japon en Katan, deux fois « Grabd champion » (combiné Kata.combat), champion du Japon en Kumite, Massaki Ueki possède l’un des palmarès les plus étoffé de l’histoire de la « Japan Karate Association World Federation » (JKA WF).
Tout semblait indiqué qu’un jour, ce fidèle de la JKA, qu’il a intégrée en 1955, héros de son Karaté Shotokan, devienne l’un des plus hauts responsables de l’association dont Gichin Funakoshi fut président d’honneur. Depuis avril 2010, c’est chose faite. A 71 ans, Massaki Ueki, 8e dan, a été nommé « Chef Instructeur », à la place de son premier professeur, Motokoni Sugiura.

MASAAKI UEKI

Invité en france par Daniel Lautier afin de diriger un séminaire réservé aux professeurs et ceintures noires, il a répondu à nos questions :

Racontez-nous votre parcours…

J’ai commencé par le Judo mais je me trouvais trop petit pour vraiment sortir mon épingle du jeu. Je me uis alors orienté vers le Karaté. j’étais fasciné par la notion de vitesse qu’il présentait. A force d’effort et de persévérance, j’ai pu développer ma technique et obtenir mes différents grades.

Quand êtes-vous devenu instructeur?

En 1961, diplômé de « l’Asia University », j’ai été encouragé à rejoindre le programme des instructeurs de la Japan Karate Association (JKA). Lorsque je rejoignis les rangs des Kenshusei, les cours réservés aux instructeurs avaient commencé depuis cinq ans seulement. Financièrement, ce fut une période très difficile car, à l’époque, peu d’entre nous étions salariés de la JKA. Je me souviens encore aujourd’hui de la rudesse des cours…Mais nous étions jeunes et avions une très bonne condition physique. Nous répétions inlassablement les techniques de base, jusqu’à l’épuisement complet.

Où se déroulaient les cours?

Ils avaient lieu au Yotsuya Dojo, le Hombu Dojo de la JKA. C’était un petit Dojo mais il y régnait une ambiance spéciale permettant de bien travailler. Les cours étaient tellement épuisants que, généralement, nous allions aussitôt nous allonger pour dormir. Mais lorsque nos forces nous le permettait nous jouions au baseball. Tous les jours, les « premières années » devaient préparer le repas pour l’ensemble des instructeurs après avoir fait eux-mêmes les cours.

Vous avez été un champion reconnu.
Rappelez-nous votre palmarès…

Je me suis rapidement mis à la compétition. En 1965, j’ai obtenu mes deux premiers titres de champion du Japon: en Kata et en combiné (kata/combat). J’ai été à nouveau sacré en Kata en 1967, 68, 71, 74 et 75. J’ai terminé deuxième en 1966. En Kumite, j’ai remporté le titre en 1968. J’ai terminé deuxième en 1965 et 1971. 1968 est aussi l’année où je gagne mon deuxième titre de « Grand champion du Japon » (combiné). Mes adversaires de l’époque étaient Hideo Ochi, Keigo Abe, Takeshi Oishi ou Norohiko Iida. J’en garde de très bons souvenirs…Mon « Tokui Kata » (Kata préféré) était Gankaku mais, en finale des Championnats, je présentais toujours Goju Shiho Sho. En Kumite, j’aimais bien faire Yoko geri Kekomi en de-ai.

Quelle importance accordez-vous au Kata?

J’ai toujours considéré la pratique du Kata comme un élément essentiel permettant de mettre l’accent sur les bases. Travailler sans relâche afin de comprendre la nature et le sens des techniques. Aujourd’hui, il y a beaucoup de façon de pratiquer le Karaté. Chaque époque apporte ses bénéfices au développement de notre art. Cependant, il me semble que le niveau technique était bien meilleur avant.

Que doit être le Karaté ?

Je considère que le Karaté doit être en correspondance avec l’éducation et ne doit pas être seulement un sport. Il faut dissocier les Arts Martiaux des disciplines actuelles. Le Karaté traditionnel n’a rien à voir avec le K-1 ou l’UFC.La pratique du Karaté ne doit pas se résumer seulement à la technique. Elle doit également comporter du coeur. Et, avec beaucoup d’entraînement, il sera possible d’harmoniser la technique, l’esprit et le coeur.

Et l’ enseignement?

Le « public » pratiquant le Karaté est très vaste: enfants, personnes âgées, adolescents…Il est donc important de s’adresser à tous en respectant chacun d’entre eux. L’enseignement du Karaté doit permettre de former des « gens bien ». Comme le précise notre Dojo Kun, il est important de s’ouvrir aux autres, de les respecter. C’est ce qu’enseigne l’école JKA.Le Karaté doit permettre à chacun d’être heureux dans la vie. Et si nous rencontrons des difficultés par moment, il ne faut oublier de revenir aux fondamentaux, comme nous le précisait Nakayama Senseï. On doit toujours se souvenir que l’esprit et le corps ne font qu’un.

Quel est votre sentiment d’avoir été nommé « Chef instructeur » ?

Je n’aurais jamais imaginé devenir un jour le Chef Instructeur de la JKA. C’est un immense honneur pour moi, mais également une grande responsabilité. Je dois m’assurer que l’idée du vrai Karaté, comme nous le pratiquons à la JKA, soit propagée dans la monde et respectée de tous. La tâche ne sera pas aisée mais j’ai bon espoir.

Copyright @ KARATE BUSHIDO / 386 – Octobre 2010.

Partagez l’histoire du sensei